Pourquoi votre cerveau aime apprendre de nouvelles chorégraphies

Il y a une phrase que l’on entend souvent lorsqu’on commence une nouvelle danse :

« Je ne retiendrai jamais tout ça. »

Il faut dire qu’au premier abord, une chorégraphie peut sembler être un véritable casse-tête. Il faut se souvenir des pas, écouter la musique, suivre le rythme, garder l’équilibre, trouver la bonne direction… et essayer de ne pas perdre le fil au moment où tout le groupe tourne.

Pourtant, c’est peut-être justement ce qui rend la danse si intéressante.

Car pendant que nos pieds essaient de faire ce qu’on leur demande, notre cerveau, lui, est loin de s’ennuyer.

Bien plus qu’une suite de pas

Apprendre une chorégraphie demande de mobiliser plusieurs choses à la fois.

Il faut observer un mouvement, l’essayer, retenir son ordre, comprendre comment il s’enchaîne avec le suivant et l’adapter à la musique. Il faut aussi se situer dans l’espace, garder le rythme et, selon la danse, réagir aux autres personnes autour de soi.

Cela peut paraître beaucoup, surtout au début. Mais c’est aussi ce qui fait de la danse une activité si particulière : elle associe le mouvement, la mémoire, l’attention, l’écoute et le plaisir de la musique.

Les recherches sur la danse s’intéressent d’ailleurs à cette combinaison. Plutôt qu’une seule faculté isolée, danser sollicite simultanément plusieurs fonctions : la coordination, l’équilibre, l’orientation dans l’espace, l’attention et la mémoire des séquences. Cerveau & Psycho résume bien cette idée : le cerveau doit gérer beaucoup d’informations à la fois lorsque nous dansons.

Au début, tout demande de l’attention

Quand on découvre une nouvelle chorégraphie, chaque détail semble important.

On regarde les pieds du professeur. On compte dans sa tête. On essaie de se rappeler si le prochain pas part à droite ou à gauche. Puis on se rend compte que l’on a oublié ce qui venait juste avant.

C’est normal.

Au début, le cerveau cherche ses repères. Il a besoin de temps pour relier les pas entre eux, reconnaître les mouvements qui reviennent souvent et comprendre la logique d’un enchaînement.

Puis, au fil des répétitions, certaines choses deviennent plus naturelles. Un vine, un jazz box ou un rocking chair ne sont plus de simples mots un peu mystérieux : ils deviennent des mouvements connus, presque familiers.

La répétition aide le corps à prendre le relais

C’est souvent là que l’on remarque les progrès.

Au départ, il faut réfléchir à tout. Mais après quelques essais, les jambes commencent à suivre plus facilement. On relève un peu plus la tête. On écoute davantage la musique. On a moins besoin de surveiller chaque mouvement.

On ne retient pas une danse parce qu’on l’a apprise une seule fois. On la retient parce qu’on l’a vécue plusieurs fois : en l’observant, en la répétant, en l’entendant sur sa musique et, parfois, en se trompant juste assez pour mieux comprendre la suite.

C’est sans doute pour cela qu’une chorégraphie qui paraissait impossible au premier cours peut devenir agréable quelques semaines plus tard.

La musique est une alliée précieuse

La musique ne sert pas seulement de fond sonore.

Elle donne un rythme, des accents et des repères. Un refrain, une pause ou un changement dans la mélodie peuvent aider à retrouver la suite d’une danse. Beaucoup de danseurs connaissent ce moment : ils ne savent plus très bien expliquer les pas… mais dès que la musique démarre, leur corps semble se souvenir.

Le lien entre musique et mouvement est puissant. La danse demande d’écouter et d’ajuster ses gestes au tempo ; c’est une activité à la fois physique et très attentive. Et, heureusement, le cerveau semble apprécier ce genre de défi quand il est accompagné d’un morceau que l’on aime.

Un défi, mais un défi joyeux

Apprendre une nouvelle danse demande de l’effort. Il ne faut pas le nier.

Il arrive que l’on hésite, que l’on oublie une section ou que l’on fasse un tour de trop avec une conviction admirable. Mais cet effort reste très différent d’un exercice que l’on subit.

On apprend avec la musique, avec les autres, dans une ambiance où l’on peut recommencer. La difficulté devient alors un jeu : on essaie, on se trompe, on rit parfois, puis on recommence.

La recherche s’intéresse depuis plusieurs années à la danse parce qu’elle réunit activité physique, apprentissage et dimension sociale. Ces différents éléments sont tous associés, de manière générale, au maintien des capacités cognitives au fil du temps. Cela ne veut évidemment pas dire qu’apprendre une chorégraphie est un traitement médical ou une garantie contre les maladies liées à l’âge. Mais c’est bien une manière concrète de faire travailler son attention, sa coordination et sa mémoire tout en prenant du plaisir. Cette synthèse de Cerveau & Psycho rappelle justement que les effets et les mécanismes varient selon les personnes et les pratiques.

Et puis, il y a le groupe

Au Bignam, on apprend rarement seul dans son coin.

On observe les autres. On suit un mouvement. On demande parfois : « On repart de quel pied, déjà ? » On sourit quand tout le monde se trompe au même endroit. Et, petit à petit, on avance ensemble.

Même dans les danses où chacun évolue sur sa ligne, le groupe joue un rôle. Il donne des repères, de l’énergie et cette petite motivation qui aide à refaire une section une fois de plus.

En conclusion…

La prochaine fois qu’une nouvelle chorégraphie semble trop longue ou trop compliquée, il ne faut pas se décourager trop vite.

Pendant que vos pieds cherchent le bon pas, votre cerveau est en train d’écouter, d’observer, d’essayer, de mémoriser et de s’adapter. Pas tout parfaitement, pas immédiatement… mais progressivement.

Et puis un jour, sans trop savoir comment, on entend les premières notes d’une musique et les pas reviennent.

Les pieds font peut-être les mouvements.
Mais, quelque part, c’est aussi le cerveau qui mène la danse.

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